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En vrac comme la chambre de mes associés #27

Presque deux ans sans « en vrac » ici ! Alors que je sais que vous adorez ça, les petites tranches de vie de la pédégère ! Je n’ai pas pris le temps de donner de nouvelles depuis mars et mon dernier billet à propos de mon changement de programme dans « ma reconversion pro ».
Voici donc un résumé de ces derniers mois.

Mon projet pro

Oui j’ai mis des guillemets « à reconversion pro » car pour le moment ça n’avance pas beaucoup pour une bonne et simple raison : j’ai la trouille. Le méga flippe, la super appréhension, j’ai peur de tout louper. Alors qu’est-ce qu’on fait quand on a les chocottes ? On procrastine. On trouve toujours mille choses urgentes à faire pour hier. Et on se baratine soi-même un peu aussi. MAIS pour ma défense, le dernier trimestre scolaire (surtout sa fin) n’est jamais une période reposante (rire épuisé).
Je n’ai pas du tout avancé sur mon idée de faire des stages pour compenser la formation que j’ai abandonnée (cf billet précédent, comme on dit). J’ai contacté deux professionnels, un éleveur charcutier traiteur et un poissonnier-traiteur.
Ils sont d’accord tous les deux pour me prendre en stage une semaine. Et pourquoi je n’ai pas donné suite ? La trouille, pardi ! Quand je suis presque décidée à téléphoner pour fixer la date, je me dis aussitôt, tu vas être ri.di.cu.le ma pov’fille. Tu vas forcément commettre des erreurs plus grosses que toi. Et peut-être même empoisonner quelqu’un ? En parlant d’empoisonnement, j’ai suivi la formation obligatoire HACCP en hygiène et sécurité alimentaire et pour te coller des angoisses supplémentaires, elle est parfaite cette certification. Si jamais, t’es bien dans ta vie, suis-la, t’oseras même plus rentrer dans un restau. Mais au moins c’est fait et comme c’est obligatoire pour s’installer, c’est une bonne étape !

Ensuite, je suis allée voir deux constructeurs de foodtrucks (occasion et neuf) dans le Pas-de-Calais avec Rosette. J’ai pris la décision de ne pas aménager de labo « en dur » en commençant pour limiter les frais et être plus libre en cas de changement de situation (je ne peux pas m’empêcher de penser au pire). Et puis si je devais ensuite aménager un labo de cuisine, j’aimerais vraiment que ce soit en dehors de chez moi. Pour deux raisons : couper vraiment avec la vie familiale (quand je bossais comme rédactrice à mon compte j’ai pu juger de la menue frontière entre le pro et le perso quand on travaille de chez soi) et pour ensuite ouvrir un resto de vente à emporter et quelques tables sur place si mon activité marche bien. Ce serait vraiment un super aboutissement et surtout je pourrais y caser toute ma vaisselle ancienne et autres vieilleries accumulées !  Donc, partir sur un beau camion bien aménagé, ce serait plus pratique pour la préparation des plats et plus « revendable » ensuite.

Avec Rosette, on a été abreuvées d’informations, émerveillées (vraiment) devant les équipements, et franchement je m’y suis vue. Mais le tarif est plus important que ce j’avais trouvé (le marché a beaucoup augmenté) et je dois refaire tout mon business plan (youhouuu !). J’ai demandé un rendez-vous à mon banquier fin juin, mais il ne m’a pas encore répondu …
Il me faut également contacter les communes et/ou entreprises du périmètre que j’ai établi pour l’installation de mon camion et là encore j’ai la trouille d’appeler. Je ne me projette pas complètement alors je ne me vois pas dire « Oui, allô c’est Mme La Pédégère, voilà, j’ai le projet d’un camion traiteur et voudrais connaître les modalités d’installation dans votre ville ? ». Pas compliqué pourtant ! Je ne me sens pas légitime !

Lors de la formation HACCP, j’ai rencontré deux jeunes (de ma région de naissance, c’était rigolo), qui ont un projet pas du tout terminé mais qui communiquent déjà à fond dessus ! Les gars ne doutent pas, leur magasin de producteurs ouvrira même si pour le moment ils ne savent même pas où il sera installé. Et ben moi, pour la communication, c’est pareil, j’ose pas. Je m’auto-gonfle. Bon, il y a quand même un très gros progrès. J’en parle plus. A plus de gens. Ici et même dans ma vie réelle, je commence à en parler. Mais pas à n’importe qui non plus. Je cible les personnes positives.
Voilà où j’en suis pour le moment, ça avance tout doucement (je devais peut-être appeler mon entreprise Bibi ?) et plein de choses restent à faire. Mais beaucoup d’entre elles ne demandent pas autre qu’un peu d’audace de ma part.

Collège – Lycée

Milou termine son année de 5e, Rosette sa seconde euro, Zorro, vient de passer son grand Oral et en a donc fini avec son année de terminale, quant à Pierrafeu il est en stage dans un magasin de motos-quads (en vente) pour finir son année de seconde. L’année s’est bien passée pour les associés. Par contre grosse déception du côté du lycée où était Pierrafeu. On nous avait promis, l’accompagnement, les aménagements, vous verrez ça va bien se passer. Et il s’est retrouvé avec une aesh mutualisée (alors qu’il a une notification pour une aide individuelle) qui s’est surtout occupée d’un autre élève plus en difficulté que lui. L’ironie de l’histoire c’est que cette aesh avait été recrutée suite à mon intervention auprès du service de l’éducation nationale de notre département. Bref, pas d’accompagnement réel, des aménagements manquants ou complètement à côté de la plaque (devoir commencer l’interro pendant que le prof parle au reste de la classe, ce qui n’est déjà pas simple en termes de concentration pour un élève sans troubles des apprentissages), une stigmatisation tout en délicatesse (viens te mettre à la table des dys !).

Rien que d’écrire ces lignes, j’ai le cœur qui s’emballe. On a tiré la sonnette d’alarme plusieurs fois, été reçus deux fois par le prof principal qui nous a servi du « on va faire attention » mais rien n’a jamais bougé. Le directeur n’a pas voulu nous recevoir en rendez-vous … sa secrétaire faisant barrage à chaque appel téléphonique. Comme c’est un lycée privé (choisi après que Pierrafeu a voulu quitter le gros lycée où il avait commencé un bac pro mécanique industrielle), j’ai rédigé un courrier au diocèse et j’attends la fin de l’année scolaire pour l’envoyer. Car je n’ai pas envie qu’il subisse des représailles comme c’est arrivé après mon entretien téléphonique avec son prof principal début mai. Lors de l’ESS (équipe de suivi de scolarisation), j’ai déballé toute ma déception (sans la présence du prof principal ni celle du directeur) et après la réunion, la référente de l’éducation nationale m’a félicitée pour mon courage « c’est bien de n’avoir rien occulté ». Ce qui me fait vraiment rager c’est qu’au final, rien ne change, il faut toujours réclamer, pester, simplement pour faire appliquer les droits de son enfant. Et cerise sur le gâteau, tu passes inlassablement pour la chieuse de service qui couve son enfant. Par exemple le prof principal, m’a dit plusieurs fois que mon fils était à l’aise en classe et à l’oral, parfois c’était à la limite du reproche … pourtant on ne leur avait rien caché sur le fait que Pierrafeu pouvait sembler détendu en cours mais au final très angoissé et très dur à la maison. On leur a bien expliqué qu’il déchargeait son trop plein dans le cadre sécurisé de son foyer. Et en cours d’année, le prof par sous-entendus, m’a fait comprendre que je m’en faisais trop. Mais voyait-il l’eczéma, les soucis de santé liés à l’angoisse ? Entendait-il les pleurs et les cris nocturnes ? A force de me battre contre le vent, en accord avec mon fils, j’ai tout lâché. Il s’est maintenu au 2e trimestre mais a coulé au 3e (qui a toujours été difficile) pénalisé par des épreuves type bac (en seconde, hum hum) dans toutes les matières principales … sans aménagements et comptant x4 dans la moyenne.

Son bulletin vient juste d’arriver et je passe les « manque d’attention en classe » et autre « s’est découragé » alors que JAMAIS nous n’avons reçu un message de la part de l’équipe de profs. Je ne sais vraiment pas à quoi ont servi les réunions et les documents fournis et encore moins son PPS (projet personnalisé de scolarisation) où sont indiqués les aménagements recommandés.

Oh, je sais que je vais agacer certains professeurs à la lecture de ce billet. Mais que dois-je faire alors ? Ne rien dire parce que ce n’est pas de leur faute, car pas de formations ? Pardon, mais même si j’entends bien leurs difficultés, certaines choses simples n’ont jamais été mises en place ou des remarques comme « il faut améliorer l’orthographe » ont encore été écrites en rouge. A chaque fois, je dis que je vais laisser tomber mais en fait, merde, je le défendrai tant que cela sera nécessaire.
Au moment où j’écris ces lignes, j’ai vraiment la rage. Boule dans la gorge et découragement compris. Je suis déstabilisée par l’injustice que subit mon fils. Ça, je ne m’y ferai jamais.
Maintenant, on croise les doigts pour qu’il soit affecté en première STMG dans le lycée de sa sœur à la rentrée. Sinon, il veut redoubler. Je le laisserai faire même si je pense qu’un redoublement ne servira à rien. (Je vous gave à toujours raconter la même chose ?).

 

JUIN

Aka le mois de l’enfer. Les kermesses en moins. On est tous dans le même bateau : dossiers d’inscription, livres à rendre à la librairie, attendre les listes pour commander les suivants, le rib qui manque, les fringues trop petites (encore et toujours), où sont passées les photos d’identité, les anniversaires (dans la famille, on a 6 membres nés en juin !), les emplois du temps avec des trous de 5 heures au milieu « allez, si tu vas à l’école » (fais le pour mooooiii), les goûters au hand … vivement juillet !

La bonne nouvelle, c’est que le presque bachelier a été pris dans le BTS qu’il souhaitait et sera interne, pas de studio à trouver et ça, c’est super cool ! A la rentrée, nous serons 5 en semaine et 6 le week-end, si l’étudiant veut bien rentrer. Il a déjà prévu de passer quelques week-ends à Lille pour faire la fête avec ses potes (et donc squatter chez l’un d’eux). Mais je pense qu’il reviendra de temps en temps « avec la cantine midi et soir, ça va me manquer ta cuisine maman ». Il ne fayote même pas, c’est réellement une inquiétude, « qu’est-ce que tu veux j’adore manger » il m’a répondu, quand je lui ai dit que ça irait.

Bon, je pense que vous avez votre dose de « en vrac » là ?
Et comment ça va chez vous en ce mois de l’enfer ? ;)

Commentaires

  • C’est toujours un plaisir de lire de vos nouvelles. Personnellement, je ressens aussi une grande colère et un sentiment d’injuste en lisant vos aventures au lycée ... je m’inquiète aussi pour ma petite dyslexique / dysorthographique qui rentre au CM1 l’année prochaine ... Pareil, je stresse de tout devoir t’expliquer et j’espère qu’on tombera à nouveau sur des enseignants ouverts ... pour la reconversion pro, je suis aussi de la team « j’ai la trouille », vous pouvez peut-être tenter d’abord un mail, moins effrayant puis ensuite rappeler en demandant s’ils ont bien reçu le mail. Moi, ça me fait une base pour introduire le dialogue et ça me rassure :) en tout cas, votre projet est très chouette !!

  • Ça fait trop plaisir de te lire Sabine ! Je croise les doigts pour ton projet.

  • Comme je me reconnais en toi, côté reconversion pro... J'ai bien rigolé avec "Bibi" :-D, ça pourrait être aussi mon 2e prénom. Et moi, je ne dis pas que je m'auto-gonfle, mais que je m'auto-saoule (sans l'ivresse d'un mojito, pas de bol). Allez, un peu d'audace, bordel. Sus au syndrome de l'imposteur, prenons-en de la graine aux millenials qui ont tout compris :-)
    Pour Pierrafeu, en tant que représentante de parents, je suis de tout coeur avec toi. Réexpliquer, encore et encore, en conseil de classe. Demander qui a un PAP. Découvrir que le prof de physique ne sait toujours pas que Titou, en 4e, a un PAP depuis la 6e. Etre ébahie devant la prof d'histoire qui dit : "Mais qu'est-ce que Prune écrit mal... elle met trois plombes à écrire un paragraphe... et qu'est-ce qu'elle est maladroite...". Et moi, ni ortho, ni prof, ni maman d'enfants dys, qui demande : "Euh, Prune a-t-elle un bilan ortho ? Dyspraxique, peut-être ?" Et la prof de me répondre : "Bah non, elle n'a aucune difficulté scolaire." Prof sympa et très compétente par ailleurs, hein. Les bras m'en tombent à chaque fois. Tout plein de courage !!

  • Coucou Sabine, eh non tu ne me soule pas. J'aime t'écouter nous raconte tes péripéties. Quel courage je te trouves. Tu combats contre vents et marées pour que ton fils bénéficie des mêmes droits que tout enfant pour apprendre à son rythme. Continue comme ça. Ma peur est que tu te perds là dedans. Il ya des formations, peut être que tu en as déjà profité, au niveau de pôle emploi, peut être aussi de ta région pour te booster et t'encourager. J'ai été aussi dans cet état, et je fais un travail sur moi même avec un psy, car je veux me former pour être coach de vie. Si tu veux qu'on en discute je suis à ta disposition, je suis sur insta @astouchauvet28
    Bon courage à toi, et dit toi que pour tes projets "si tu ne fais rien, il ne se passe rien" , quel est le plus petit pas que tu pourrais faire pour avancer. Des pluies de courage pour toi

  • J'aime toujours autant tes billets, ça fait plaisir d'avoir de tes news. Ça donne aussi envie de se battre avec toi pour Pierrafeu, ça me fiche la rage aussi pour lui, pour toi. Que vous souhaiter à part qu'il obtienne son affectation et que vous soyez enfin entendus et respectés !
    Quant à toi ma cocotte, y a plus qu'à... Je sais bien à quel point c'est flippant quand t'es juste au bord du plongeoir, mais promis, ferme les yeux et saute, t'auras hyper envie d'y retourner ensuite (et bien sûr, tu te diras "mais pourquoi j'y suis pas allée avant" haha) (et sauf erreur de ma part, vous êtes toujours 6 chez toi depuis le temps que tu cuisines ?)
    Je te souhaite courage pour la fin d'année scolaire, un bel été, et fonce !!
    Je t'embrasse.

  • Primo je n'en ai jamais assez de tes "en vrac"
    Deuzio "Bibi" c'est supra sympa comme nom de truck
    Tertio CESSE de suite avec ton syndrome de l'imposteur !!! Moi je viendrai du fin fond de chez ouam pour ta poule au pot !!
    Quatro : les pseudo adaptations, les pseudo accompagnements Aesh Mut', les remarques inadmissibles...il faut poursuivre ta lutte !!! Épuisante je le sais plus que plus .
    Cinquo juin sacré bordel ! Anniv de GM comme ouam hihi.
    Bref gogogogo ma warrior préférée

  • Je compatis. Et je suis prof. Et je comprends tout à fait ce que tu dis car certains de mes collègues ne font aucun efforts, sincèrement. Je me souviens il y a quelques années d'avoir tenté une discussion avec un collègue d'histoire Géo qui écrivait sur la copie d'une élève dys faisant beaucoup d'efforts : des progrès mais attention à l'orthographe !!! Ahhhhhh.
    Argument de sa part : c'est une discipline littéraire. Bref
    J'admire ton engament.
    Perso j'essaie de respecter les demandes, parfois au fil de l'année quand l'élève s'en sort il m'arrive d'oublier.

    Sinon je suis toujours super contente d'avoir des nouvelles.

  • ah ah la la comme dit plus haut "le syndrome de l'imposteur" nous pourrit encore trop souvent nos vies. tu notes "les deux gars ne doutent de rien", ben ouais ce sont des mecs ils ont l'habitude de ne douter de rien nous on se sent encore trop souvent pas légitimes.

    pour le reste et l'école...pffffff
    de toute façon ou tu te bats pour ton gosse tu les déranges et on te reproche d'en faire trop de trop le couver. encore une fois en tant que mère on n'est pas légitime après tout c'est pas comme si on connaissait pas notre enfant mieux qu'eux.
    et si jamais tu laisses courir on te reproche de pas t investir, on te dit que ton gosse est pas cadré, pas élevé, pas sérieux, pas travailleur...et c'est encore de ta faute.
    bref les profs sont jamais contents ! mais j hallucine de voir qu'en 2022 l'Education nationale publique, privée peut etre toujours aussi maltraitante alors que les troubles dys sont détectés et qu'on en parle de plus en plus...
    bon courage !

  • Je suis prof et tu ne m'agaces pas, entre le système maltraitant pour tout le monde et les profs blasés qui ne font pas le minimum, c'est bien normal d'être super en colère!
    sinon géniale l'idée food-truck, le concept a le vent en poupe en ce moment!

  • Bonjour Sabine,
    Merci bcp pour vos nouvelles.
    Cela fait plaisir même si j'aimerais qu'elles soient meilleures, que vous soyez écoutée pour l'accompagnement de votre fils.
    C'est usant ces équipes enseignantes qui se contentent du strict minimum et qui ne tiennent pas compte des difficultés de leurs élèves.
    Au passage, je salue les professeur(e)s qui se dévouent, sans compter leur temps et leur énergie, pour encadrer correctement leurs élèves et pour les conduire sur le chemin de la réussite.

    Bon courage pour votre reconversion, pour les moissons et pour les vacances (qui n'en seront pas vraiment pour vous.). Ayant un certain nombre de points communs avec vous, je comprends ce que vous vivez...

  • Bonjour Sabine, on ne se connait pas mais je te lis depuis un bail! Freelance depuis qq années, le truc qui m'aide beaucoup quand je dois faire des choses qui me pèse est de partager l'échéance avec une copine bienveillante/qui fonctionne pareil, pour encouragement mutuel : allez, tu fais X d'ici ce soir et moi j'appelle Z, ok? En d'autres termes, avoir des comptes à rendre à qqun ...toutes proportions gardées.
    Et tu as bien raison d'en parler à des personnes positives : si elles habitent dans ton coin, c'est elles qui feront ta communication ;-)

    Bonne chance pour tout, et bon été!

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