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La grosse gueulante

Mercredi soir, j'ai poussé la plus grosse gueulante de toutes ces "vacances" d'été 2017.

Elle était coincée dans ma gorge depuis un long moment. Celle que je couvais mais que je n'arrivais pas à tuer.

Et elle a explosé à la figure des associés ce mercredi vers 19h.

Je n'ai pas pu la retenir. Comme à chaque fois dans ces cas là (ça ne m'arrive pas non plus toute les semaines), elle est sortie de ma bouche violemment et il n'aurait pas fallu que je croise mon reflet dans un miroir.

Je leur ai hurlé mon ras le bol, ma colère aussi. Ou peut-être, était-ce de la tristesse.

La tristesse ça peut rendre dingue aussi. J'ai explosé parce que pour une énième fois de la journée, ils se mettaient sur la tronche plutôt violemment.

J'ai explosé, parce que j'avais passé cette journée à faire l'arbitre, à ranger derrière eux, à les servir comme des petits princes, à leur demander 30 fois la même chose.

Les mots qui sont sortis n'étaient pas jolis. Mes yeux exorbités, non plus.

Ce n'était pas bienveillant.

Mais j'étais bien crevée.

Je suis montée très haut et j'ai pris Facebook à témoin :

Je viens de pousser la plus grosse gueulante de toutes les vacances. Enfin c'était il y a 30 mn. Je redescends seulement. Les voisins vont certainement appeler les services sociaux.
Je sais, c'est pas bien. Ça ne sert à rien.
Mais je n'avais plus d'autres solutions. J'avais tout tenté.
Le pire c'est que la rentrée ne va rien arranger.
Ces associés là me prennent pour :
Leur bonniche
Leur arbitre de boxe
Leur cuisinière.
Leur lingère
Leur secrétaire.
Leur infirmière

Et là ce soir j'en ai ras le bol. Si leur père n'était pas encore sur son tracteur je partais faire un tour. LOIN.

Et puis, cette gueulante a comme à chaque fois quelle prend des proportions hors-normes a été un soulagement pour les associés et moi. Ça les a fait redescendre aussi. Bien sûr, ils ont flippé, mais au dîner, ils ont parlé comme si de rien n'était. Sauf que c'était plus calme.

Le lendemain matin, j'avais un rendez-vous pro. Il s'est terminé à 10H30. J'ai trainé en ville pour ne pas rentrer tout de suite. J'ai appelé une amie.

Avant de partir je leur avais laissé un mot.

mot.jpg

(Clic pour voir en grand)

Eh oui, il y avait une récompense à la clé. Le buffet chinois promis pour la veille de rentrée (paradis gastronomique de mes associés), comme l'année dernière.

Quand je suis rentrée, les chambres étaient nickel, la vieille véranda aussi, l'arrière-cuisine était rangée (et même la cuisine), leurs jouets avaient disparu de l'espace de vie commun.

Alors la vraie question est: qu'est-ce qui les a motivés?

La récompense bien sûr.

Mais mon explosion de la veille aussi.

Enfin j'ose l’espérer.

Commentaires

  • Il y a un moment où ça doit péter, c'est tout. Plus on retient et plus on attend plus c'est hard (je crois franchement que le coup de la bienveillance ça marche seulement si tous les jours tu remets les trucs en place dès le moment où ça bouge).
    J'espère que depuis, ils sont plus cool et ont fait quelques efforts :)

  • Ouais ils sont beaucoup plus cool. Et t'as raison, faut recadrer tout le temps. Mais c'est usant...

  • De temps en temps, je pète un cable bien tonitruant qui fait du bien : étant donné que les loulous râlent pas mal en ce moment pour donner un coup de main et qu'ils se chicorent aussi pas mal, je ne serais pas étonnée que le week-end soit orageux. Bref, tu n'es pas seule.

  • On est des êtres humains, et c'est bien qu'ils le sachent ! cela n'a pas de conséquences à partir du moment où la "cause" de l'explosion est légitime... et là, si j'ai bien compris, ça l'était ! ;)

  • J'ai aussi poussé une gueulante mercredi après-midi. Pourtant la matinée avait bien commencé mais chamailleries à répétition, "non" à répétition, soupirs appuyés, bêtises dans le magasin... De retour à la maison, j'ai essayé de discuter avec chacun des deux loulou mais je me heurtais à un mur (enfin, 2 murs). Alors "BOUM" !!!
    Et là seulement nous avons pu discuter. Sereinement. Chacun a exprimé ce qui n'allait pas selon lui, ce que les autres pourraient faire pour améliorer la situation, ce que chacun de nous allait faire pour que tout se passe mieux.
    J'ai sorti une feuille et j'ai noté nos "Engagements". A la fin, nous les avons datés et signés. Rien de révolutionnaire mais depuis 2 jours, ça fonctionne à merveille.
    Il a juste fallu que je les reprenne à plusieurs reprise lorsqu'ils me disaient "OK, on va vous aider un peu plus à la maison" et que je me devais de leur répondre "Non, vous ne nous aidez pas, vous participez aux tâches comme nous parce que vous aussi vous habitez dans cette maison, vous mangez, vous vous lavez, vous portez des vêtements propres". On ne me refera pas ;-)
    En tous cas, ta petite liste avec récompense à la clé a dû bien les motiver, autant que la gueulante non ?

  • Tu n'es pas dans la bienveillance, Sabine et quel dommage pour toi et tes associés. Alors que tout peut être dit dans le calme et la sérénité....
    MAIS nan je déconne =)
    Je suis la 1ere à pousser ma gueulante (trop sans doute, je le sais, j'essaye de me soigner), ça n'a pas toujours des effets ou alors instantanés mais tant pis ça fait du bien très égoïstement à nous! Et ça tombe bien, comme on est des humains et qu'on a aussi des défauts ^^

  • La gueulante soulage et (parfois/souvent ?) porte ses fruits . Mais elle noue nos bides de maman.
    Ton petit mot j'aaadore !
    Profitez bien de la récompense (enfin surtout les gosses !)

  • Je ne suis pas très fière quand ça m'arrive et mon fils à très peur de moi dans ces cas-là mais j'avoue qu'il y a des moments trop c'est trop et qu'après on en rediscute et tout le monde va mieux ! Courage Sabine parce que la vie de maman ce n'est pas tous les jours faciles, surtout quand l'un des deux est moins présent.

  • Il faut remettre les pendules à l'heure, parfois ! Ça m'est arrivé aussi (et pas seulement à cause des enfants, le mari avait pris sa dose…), ça se calme parce qu'ils ont grandi et que parfois, mon aîné (22 ans quand même) gendarme ses sœurs quand il me voit sur le point de craquer.
    En revanche, je n'ai jamais songé à "exploiter" la crise de la veille en laissant une liste de tâches à accomplir, tu as donc toute mon admiration pour ton efficacité ! (oui, je sais, ce n'est que temporaire, mais c'est toujours ça de pris)

  • Bonjour,

    Ne pas oublier que la façon dont vous traiter votre progéniture aujourd'hui sera peut-être la même dont vous bénéficierez dans votre grand âge.

    La bienveillance n'est pas de l'esclavage béat et condescendant. Établir des règles de vie commune c'est un partenariat entre les parents et leurs enfants. Le dialogue et la compréhension avant toute chose. Mais il faut d'abord que les parents établissent une même ligne de conduite commune et s'y tienne.

    Le coup de gueule "effet de surprise" ne dure qu'un temps...aucun bénéfice sur la durée.

    Etre aulte c'est d'abord savoir maîtriser ses émotions...la violence verbale meme episodique reste de la violence.

    Je me permets de vous écrire ceci car j'ai grandi dans une violence quotidienne avec un père schizophrène et une mère qui n'a jamais assumé ses responsabilités.

    Aujourd'hui je serais bien tenté de reproduire le modèle familial...plus facile que les efforts qu'engendrent justement une bienveillante éducation, communication et compréhension.

    Je vous invite à lire les ouvrages de Jacques SALOMÉ. Ils m'aident chaque jour dans ce long apprentissage.

    Bien cordialement

  • j'entends tout ce que vous dites et tout ce qu'une gueulante comme celle que j'ai poussée mercredi engendre. Néanmoins, mon contexte familial est bien éloigné du votre (enfin celui de votre enfance). C'est très loin d'être quotidien.Ca m'arrive quelque fois quand ma bande 4 enfants rapprochés va bien trop loin et que (c'est à chaque fois conjugué), je suis épuisée. Voilà, je ne suis pas contre la bienveillance mais son application (même en faisant des efforts) n'est pas tjs aisée.

  • J'aime assez l'idée que je ne suis pas une mutante, que mes pétages de plombs n'ont rien de très anormal et que les mères parfaites comme on dit, sont celles qui n'ont pas encore eu d'enfants... Merci pour ce message de paix et de tolérance envers moi même ! Et dans la série, "je ne suis pas un héros", je viens d'écrire ce petit texte de "maman trop sensible" (C'est ce que m'a dit ma 2nde fille hier soir, après l'avoir lu...). http://ditesmoiunpeu.com/ni-philosophe-ni-moine-tibetain-juste-maman/

  • Ton petit mot m'a mis la larme. C'est vraiment con, mais je les imagines tous les 4 en train de le lire et de se dire "bon allez cette fois on s'y met". #fucklabienveillance

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